LA CONSTELLATION CONSTERNÉE – Cie Illico

photo Frédéric Iovino

VOUS NE CONNAISSEZ RIEN A LA DANSE CONTEMPORAINE OU SI PEU ?
VENEZ ! Ce spectacle est aussi pour vous.

SAMEDI 31 MARS 20h45

LIMOUX, salle Monte-Cristo
(avenue du 1er mai, derrière la gare)

Qu’en dit Marie, membre éminent de l’ATP ? « en quelques minutes, l’idée selon laquelle les chorégraphes contemporains donnent dans le conceptuel incompréhensible est balayée de façon magistrale… J’ai adoré« 

Le chorégraphe de ces pièces, devenu depuis directeur du Centre Chorégraphique National de Tours, s’il vous plait, est aux antipodes d’une danse qui se regarderait le nombril. Ecoutez-le donc  :

TARIF PLEIN 15 €/ TARIF REDUIT 10 €
TARIF JEUNE 5 € / TARIF ACTICITY   1 €

CIE ILLICO / THOMAS LEBRUN

Chorégraphie de Thomas Lebrun

Cinq pièces courtes :
Trois soli : Gwiazda, L’étoile jaune et Le temps de briller ; Un duo : Eclats de simulacre ; Un quintette : Fulgurances céans

Cette constellation est le fruit d’une réflexion sur diverses « représentations » d’étoiles sur terre, dans un contexte historique ou contemporain. Ces représentations d’étoiles peuvent être étroitement liées à des faits historiques convoquant un sentiment d’injustice ou de rébellion, ou à des faits plus intimes insufflant ces mêmes sentiments. Elles peuvent également provenir du rêve ou de croyances, nourries par des convictions souvent issues de la culture populaire ou de la religion.

Mais le lien fondamental est celui de l’étoile choisie et de son danseur, qui formeront ensuite une constellation avec les autres danseurs, avec les autres étoiles.

Tisser le mouvement d’un danseur à un autre comme l’on tissera les liens d’une représentation d’étoile à son interprète. Créer une nouvelle constellation, une constellation vivante dont la brillance serait celle qui émane de l’interprète.

Une constellation contemporaine, riche de son histoire, qui brillerait le temps d’un spectacle, dont l’éclat ne serait qu’éphémère. Une constellation de représentations d’étoiles, car donnée à voir en tant que telle. Pourquoi consternée ? « à notre époque, on a de quoi l’être ».

Gwiazda

Interprétation : Anne-Emmanuelle Deroo
Chorégraphie : Thomas Lebrun
Chant live: Emeline Deroo
Musique : Seb Martel, avec l’aimable participation de Vincent Segal et Greg Szlapczynski, Nick Cave
Création lumière : Jean-Marc Serre
Costume : Jeanne Guellaff
Production : Compagnie Illico, avec le soutien de Danse à Lille / CDC

Quand on est enfant et que l’on perd un proche, on nous dit souvent qu’il est parti au ciel, qu’il s’est transformé en étoile… En gwiazda, pour les petits polonais… Un solo pour Manue, sur le chant de sa soeur Emeline. Danser la perte, la disparition d’un être aimé, la naissance du souvenir, l’apparition du vide. Une danse au rayonnement irrégulier, à l’intensité émotionnelle et physique mesurée, à observer, à chercher, à deviner.

Ce n’est pas une petite ou une grande étoile. Juste une étoile avec sa force et sa discrétion, sa lueur qui peut être voilée par un nuage passager, et la place qu’elle occupe au milieu de toutes les autres. Une que l’on choisit en se disant que c’est elle.

Le temps de briller

Solo

Interprétation : Raphaël Cottin
Chorégraphie : Thomas Lebrun
Musique : Jean Sibélius – La Valse Triste
Introduction musicale : David Moreau
Création lumière : Jean Marc Serre
Costume : Jeanne Guellaff
Production : Compagnie Illico
Coproduction : Les Subsistances, dans le cadre du Week-End « ça valse »

Star…étoile en anglais. Qui désigne également pour l’ensemble du monde, « une personne médiatisée unanimement connue et reconnue de part ses qualités artistiques », homme ou femme. Une star de cinéma | Une star de la chanson. Une star du théâtre | Une star de la musique. Une étoile… en danse.

A l’époque où l’on produit des stars à profusion, où les rêves de chaque enfant se dirigent régulièrement vers cette utopie médiatique, où même une certaine culture « d’en haut » se plaît à trouver sans répit de nouveaux espoirs… A l’heure où les dirigeants prônent le nouveau, l’innovation, mais aussi le politiquement correct… Alors que se débat une jeunesse gorgée d’espoirs et d’illusions, souvent plongée dans l’ombre de ses envies.

Quel temps reste-t-il pour briller ? Noir.

Éclats de simulacre
Duo

Interprétation : Anthony Cazaux et Claudia Miazzo
Chorégraphie : Thomas Lebrun
Musique : création originale de David Moreau, pièce pour orchestre et courants électriques. Poème d’Adolf Böttger, Du Klarer stern, lu par Agnès Olier
Création lumière : Jean Marc Serre
Costumes : Jeanne Guellaff
Production : Compagnie Illico, avec le soutien de Danse à Lille / CDC
Coproduction : Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine-Saint-Denis

L’étoile filante. Quand on en voit une… c’est comme ça… on sait que ça ne marche pas… mais on fait un voeu. Pourtant une étoile filante brûle et se désintègre dès qu’elle s’approche trop de nous. Comme si la destruction de celle-ci pouvait construire notre avenir. Comme si sa brillance disparue, prenait alors place dans notre vie pour l’illuminer un instant. Comme si la patience que l’on a eu à l’attendre, pour la voir si vite passer et mourir, justifiait notre croyance et notre envie.

Comme si on méritait qu’une bonne chose nous arrive, parce qu’on l’attendait sagement. Comme si plus rien n’avait d’importance, de peur de laisser passer sa chance.

La bonne étoile. Celle qui ne se voit pas, mais qui porte également bonheur. On peut naître sous une bonne étoile, mais aussi, passer toute sa vie à l’attendre. Comme si ma bonne étoile me récompensait de ma croyance en m’offrant une étoile filante qui réalisera mon voeu. Comme si elle gérait mon destin. Une danse à double tranchant. Une danse à double rayonnement. Une danse à deux énergies, à deux puissances : l’une furtive, rapide, dynamique, fuyante. L’autre discrète, dense, continue… trompeuse. Deux corps : l’un petit et musculeux, l’autre faussement doux et gracieux.

Fulgurances céans
Quintette
Interprétation : Anthony Cazaux, Raphaël Cottin, Anne-Emmanuelle Deroo,
Anne-Sophie Lancelin, Claudia Miazzo
Chorégraphie : Thomas Lebrun
Musique : introduction : Benjamin Britten, Serenade for Tenor. Création originale de David Moreau, pièce pour orchestre et voix enregistrées (cor solo : Jean-Jacques Justafré, hautbois et cor anglais, solo : François Xavier Bourin)
Création lumière : Jean Marc Serre
Costumes : Jeanne Guellaff
Production : Compagnie Illico
Coproduction : Danse à Lille / CDC, Centre national de la danse / Pantin (création en résidence), CCN Ballet de l’Opéra national du Rhin (accueil studio)

L’étoile de la réincarnation, l’étoile jaune, la star, l’étoile filante et la bonne étoile se retrouvent dans cette pièce. Toutes se posent sur une représentation, convoquant un rapport différent avec la réalité. Le souvenir, le chemin de l’acceptation, les conséquences d’une folie, la peur, la gloire passagère, l’illusion, l’espoir et la croyance… Elles convoquent également un rapport différent aux corps : leurs intensités émotionnelles et physiques, leurs résistances, leur forces, leurs rapports au temps… ceux qu’elles irradient. Le rayonnement d’un corps jouant inévitablement avec celui du corps d’à côté, il ne s’agira pas ici de s’étoiler jusqu’à se fendre, mais de tolérer et d’évoquer la fulguration de chacun, puis celle de l’espace qu’ils créent entre eux.

La consternation peut naître, quand on s’aperçoit que l’on ne peut rien faire pour changer les choses. La consternation peut exploser, quand on se dit que l’on s’est battu pour rien. La consternation nous brûle lorsqu’on se sent déposséder de nos moyens, telle une petite boule de feu, un petit soleil bouillonnant, une étoile incandescente. Une constellation d’étoiles, consternées devant l’image et la représentation qu’on leur donne.

Une constellation consternée, car souvent, de nos jours, on a de quoi l’être.

L’étoile jaune

Solo

Interprétation : Anne-Sophie Lancelin
Chorégraphie : Thomas Lebrun
Musique : Samuel Barber – Adagio for Strings
Création lumière : Jean-Marc Serre
Costume : Jeanne Guellaff
Production : Compagnie Illico, avec le Soutien de Danse à Lille / CDC
Autre représentation de l’étoile, elle est apparue dans un contexte historique aussi noir qu’une étoile scintille. Anne-Sophie et sa danse ont cette douce beauté innocente, renfermant une colère et une force profondément ancrées. Le rayonnement paisible et diffus d’une jeunesse vivante, au devant d’une rage bouillonnante et d’une fierté juste et sincère. L’innocence, la rage et la fierté sont des sentiments et des états directement liés à cette période d’humanité massacrée, où l’étoile ne représentait plus le rêve, la beauté et la liberté, mais symbolisait la peur et le cauchemar d’un peuple, l’horreur d’une guerre et la folie d’un homme… Une étoile ne s’attrape pas, ne s’enferme pas, ne s’éteint pas…

Thomas Lebrun, chorégraphe

Interprète pour les chorégraphes Bernard Glandier, Daniel Larrieu, Christine Bastin, Christine Jouve ou encore Pascal Montrouge, Thomas Lebrun fonde la compagnie Illico en 1998, suite à la création du solo Cache ta joie !. Implanté en région Nord – Pas de Calais, il fut d’abord artiste associé au Vivat d’Armentières (2003-2005) avant de l’être – depuis 2006 – auprès de Danse à Lille / Centre de Développement Chorégraphique.

On prendra bien le temps d’y être, La Trêve(s), Les Soirées What You Want?, Switch, Itinéraire d’un danseur grassouillet, ou La constellation consternée, sont autant de pièces que d’univers et d’esthétiques explorés, allant d’une danse exigeante et précise à une théâtralité affirmée. Thomas Lebrun signe également plusieurs co-écritures, notamment avec le chorégraphe suisse Foofwa d’Imobilité (Le show / Un twomen show) et la chorégraphe française Cécile Loyer (Que tal !), et donne une place forte à l’enseignement et à la transmission (Centre national de la danse de Pantin et de Lyon, Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, Ménagerie de Verre, Conservatoire National de La Rochelle, Balletéatro de Porto, etc).

Il a chorégraphié également pour des compagnies à l’étranger, comme le Ballet National de Liaonning en Chine, le Grupo Tapias au Brésil, et pour Lora Juodkaité, danseuse et chorégraphe lituanienne.

Thomas Lebrun a pris la direction du Centre Chorégraphique National de Tours le 1er janvier 2012.

Dans la presse :

Cinq compositions chorégraphiques remarquablement interprétées et qui sont autant de diamants, mais de diamants noirs. Un solo, puis un autre ; un duo, un quintette, un solo encore : autant de chorégraphies relativement brèves rassemblées dans cette Constellation consternée » et composées sur un mode sombre par Thomas Lebrun. Sur un mode douloureux même, avec le premier solo, «Gwiazda», (l’étoile en polonais), qui évoque l’atroce solitude qui étreint après la mort d’un être cher…. Lors du deuxième solo, «le Temps de briller», composé pour un danseur filiforme revêtu d’une tunique faite pour accentuer l’androgynie, le ton change. Avec une danse assez féminine, mais interprétée par un homme qui en durcit quelque peu la nature, on passe aussi à une modernité qui étrangement paraît d’un autre temps et donne ainsi à la pièce un surcroît de poésie troublante. Le duo «Eclats de simulacre » oppose une danseuse fine, élégante, latine avec ses cheveux de jais, à un garçon au corps sensuel et rustique, au visage candide, comme on aimait à les dessiner dans les années 1930 ou 1940, ce qui crée entre eux un intéressant contraste. Bel accompagnement sonore, grave, dramatique et sans pathos pour une danse parfois trop agitée, mais le plus souvent intense et belle, et où la danseuse apparaît sereine et son partenaire plus torturé.

Le Nouvel Obs.com / 2010 / Raphaël de Gubernatis